Pour qui nous battons-nous?

Publié le par Réveil-picard

                                

Pour qui nous battons-nous ? Une question qui n’appelle pas de réponse évidente. Une question que nombre de militants – et ceux qui seraient tentés de l’être – se posent au moins une fois.
Il faut dire qu’il y a de quoi désespérer. Dans les rues de Paris, il n’est plus exceptionnel de croiser de jeunes blancs portant des tee-shirts « African Power » ou « Maghreb United ». On rencontre aussi de jeunes européennes voilées, arborant une main de Fatma en pendentif ou qui jurent se « sentir noires à l’intérieur ». D’autres petits bourgeois encore, à l’instar de ce cher F. G., ramassent des baffes, excusent leurs agresseurs, en redemandent et prennent bien soin d’étouffer en eux tout germe de révolte. Et puis il y a, bien évidemment, ce « peuple de veaux » qui vote avec ses pieds.

Certes nous nous battons pour différentes raisons : en mémoire de nos ancêtres, pour protéger et honorer ce qu’ils ont bâti ; pour l’honneur parfois ; pour nos enfants sans doute. Mais notre combat ne s’inscrit pas dans un cadre autarcique : qu’on le veuille ou non, nous avons besoin des autres et les autres ont besoin de nous. Or, les autres ne sont pas toujours à la hauteur de nos espérances et, bien souvent, le sentiment de crier dans le désert nous submerge.

Et bien, puisque nous avons parfois du mal à apprécier les résultats concrets de notre action, nous produisons ci-dessous la liste de ceux qui sont venus grossir les rangs du Projet Apache. En 6 mois nous avons fait beaucoup de choses, rencontré quantité de sympathisants. Certains ne sont pas restés, d’autres reviendront sans doute plus tard. Mais un certain nombre ont décidé de rejoindre notre communauté et pour longtemps, nous l’espérons.

Ils sont étudiants, bagagistes, juristes, néo-bacheliers (bravo à eux !), serveurs, commerciaux, cadres, paysagistes, chercheurs d’emploi, cuisiniers, techniciens de laboratoire ou aides-soignants. Ils ont entre 17 et 35 ans. Ils viennent de quartiers tranquilles ou moins tranquilles, du 18ème, du 19ème, du 13ème, du 15ème ou de banlieue. En un mot, ils sont le peuple.
Ils ont leurs soucis quotidiens, comme nous tous : un travail à trouver, une famille à fonder, une vie à construire. Mais ils ont choisi de donner un moment de leur temps, plusieurs fois par semaine le cas échéant, pour coller des affiches ou fabriquer un pochoir, pour assister à un cercle de formation ou à une visite culturelle, pour participer à un week-end de cohésion ou au tournoi de foot de fin d’année, pour appuyer une action pour la préférence locale ou contre l’insécurité dans les bus, pour rédiger un article ou créer un visuel pour notre site internet.

C’est aussi pour eux que nous nous battons. Non pas pour la gloriole d’un petit chef mais pour notre famille élargie, pour notre communauté.

Que soient donc remerciés pour leur démarche :

Adrien, Quentin, Nicolas, Christophe, Côme, Laurent, Joachim, Antoine, Frédéric, Élisabeth, Alexandre, William, Lazare, Clément, Alain, Adrien, Mathias, Jérôme, Cindy, Michael, Armand, Paul, Kevin

… et les autres, qui contribuent, chacun à leur façon, à construire une résistance enracinée à Paris et en Ile-de-France.

Qu’ils sachent que demain nous appartient.

Pierre-Vincent L.

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